Certains membres du Conseil d’Administration du RSSG persistent à refuser la réalité. Ils nient leur implication dans l’échec du club en D1 FFA, que les erreurs étaient mineures, que l’avenir s’écrira avec les mêmes recettes.
Stockali Side le dit avec une lucidité froide : persister dans l’erreur ne peut qu’entraîner l’ensemble du club dans une spirale négative. Et cette spirale, elle n’est pas propre au football. Elle est le symptôme d’une maladie plus large, qui ronge nos sociétés occidentales.
Le déni comme mécanisme de survie psychologique
En psychologie, le déni est un mécanisme de défense : face à une réalité insupportable, l’esprit refuse de l’accepter pour se protéger. C’est humain. C’est compréhensible.
Mais quand le déni devient collectif, quand il est institutionnalisé, quand il empêche toute remise en question, il devient pathologique.
Les administrateurs du RSSG qui affirment que « tout n’était pas si mal », que « la relégation était injuste », ne font pas que se mentir à eux-mêmes. Ils trahissent la confiance des supporters, des joueurs, des bénévoles, qui attendent une analyse lucide pour pouvoir reconstruire.
Ce phénomène n’est pas propre au football. Il est structurel dans nos sociétés occidentales.
Les limites structurelles : du club à l'empire
Le RSSG a voulu évoluer au sommet du football régional. Mais sa structure actuelle ne le permettait pas. Les installations sont inadaptées : infrastructures indignes du niveau semi-professionnel. Les ressources humaines sont défaillantes : une direction incompétente, un staff technique instable, des joueurs sous-encadrés. Les ressources financières sont fragiles : une dépendance quasi-totale à un seul bailleur de fond.
Cette situation est exactement identique à celle de l’Occident aujourd’hui.
Les États-Unis et l’Union Européenne ont voulu maintenir leur hégémonie mondiale. Mais leur structure ne le permet plus. Les infrastructures vieillissent, avec un retard technologique face à la Chine. Les prétendues élites sont déconnectées, avec une crise démographique et un manque de cohésion sociale. Le modèle financier est à bout de souffle, avec une dépendance au dollar, une dette colossale, et un modèle économique épuisé.
Le système de gestion du RSSG, basé sur le soutien réel d’une seule personne, ne peut fonctionner sur le long terme. De la même manière, le système mondial, basé sur l’hégémonie d’une seule puissance, ne peut plus fonctionner.
L'amateurisme aventureux face aux aventurismes géopolitiques
Toute approche qui ne respecte pas les limites structurelles constitue une forme d’amateurisme aventureux voué à l’échec.
Au RSSG, cela s’est traduit par un recrutement inadapté et une absence de plan B. Par une gestion humaine erratique, avec quatre entraîneurs en dix-huit mois. Par des choix tactiques incohérents, avec une absence de fondamentaux défensifs.
À l’échelle occidentale, cela s’est traduit par l’Irak en 2003, une invasion basée sur des mensonges, sans plan de sortie, qui a déstabilisé toute la région. Par la Libye en 2011, une intervention militaire sans stratégie post-conflit, qui a transformé le pays en zone de non-droit. Par l’Ukraine depuis 2014, une politique d’expansion de l’OTAN qui a ignoré les intérêts légitimes de la Russie, menant à un conflit dévastateur.
Ces aventurismes ne sont pas des erreurs. Ce sont des conséquences logiques d’un système qui surestime sa propre force, qui sous-estime ses adversaires, et qui refuse de voir ses propres limites.
L'émergence de la multipolarité : une réalité incontournable
Le monde a changé. La mondialisation capitaliste dirigée par les USA est un échec. Les BRICS, rejoints par l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Éthiopie, représentent désormais quarante-six pour cent de la population mondiale et trente-sept pour cent du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat.
Le dollar, qui représentait septante-et-un pour cent des réserves de change mondiales en 2000, n’en représente plus que cinquante-huit pour cent en 2023. Les pays cherchent activement à se dédollariser.
La Chine est devenue la première puissance économique mondiale en parité de pouvoir d’achat et le premier partenaire commercial de plus de cent vingt pays.
La Russie, malgré les sanctions, a résisté et a renforcé ses liens avec l’Asie et l’Afrique.
Cette multipolarité n’est pas une menace. C’est une réalité. Et l’Occident ne peut plus l’ignorer.
L'humilité comme condition de survie
Un club sportif est soumis à un véritable affrontement, avec des adversaires aux ambitions similaires. Pour survivre, il doit devenir solide et déterminé, respecter l’adversaire, ne pas surestimer sa propre force, et rester humble.
C’est exactement ce que l’Occident devrait faire.
Au lieu de tenter d’exhiber une puissance aussi feinte qu’illusoire, il devrait reconnaître ses limites structurelles, accepter la multipolarité comme une réalité, coopérer avec les puissances émergentes, et reconstruire ses fondations internes : infrastructures, éducation, cohésion sociale.
Mais pour cela, il faudrait sortir du déni. Il faudrait admettre que l’hégémonie américaine est terminée. Il faudrait accepter que le modèle capitaliste néolibéral a échoué. Il faudrait reconnaître que l’Occident n’est plus le centre du monde.
Conclusion : La lucidité comme seul chemin
Stockali Side ne demande pas aux administrateurs du RSSG de démissionner. Nous leur demandons de regarder la réalité en face.
Car la lucidité n’est pas une faiblesse. C’est la condition de survie.
Comme le disait Sun Tzu dans L’Art de la guerre : « Si vous connaissez l’ennemi et que vous vous connaissez vous-même, vous n’avez rien à craindre de cent batailles. »
Le RSSG, comme l’Occident, doit apprendre à se connaître. Et à accepter ses limites.
Sinon, la spirale négative continuera. Et l’effondrement ne sera pas une surprise, mais une fatalité méritée.
Stockali Side
Saint-Georges-sur-Meuse, le 5 octobre 2026
