Quand la critique est perçue comme une trahison
À l’issue de la défaite concédée contre Charleroi Elites (0-1, pénalty à la 90ᵉ minute), un bailleur de fonds du RSSG m’a interpellé publiquement, en présence d’un journaliste de L’Avenir Sport Huy-Waremme, pour me demander :
« De cesser d’écrire à propos du club »
et
« Si nous comptions aider financièrement le RSSG. »
J’ai répondu avec calme :
« Je supporte ce club depuis toujours. Mais la manière dont il est géré ne me donne pas envie de participer financièrement à un fonds perdu. »
Cette réponse n’était ni provocatrice, ni défaitiste. Elle était lucide.
Car aimer un club, ce n’est pas financer son naufrage en silence.
C’est exiger qu’il soit digne de l’effort collectif — des joueurs, des bénévoles, des supporters, et même des sponsors.
Une frustration légitime, mais mal orientée
Je comprends la colère d’un bailleur après une défaite aussi cruelle.
Mais elle serait mieux adressée à ceux qui pilotent le navire, non à ceux qui signalent les brèches.
Car le problème n’est pas dans les tribunes. Il est en coulisses.
Depuis plus d’un an, Stockali Side documente, avec précision et retenue :
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une succession chaotique de quatre entraîneurs en 18 mois,
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un recrutement inadapté (absence d’attaquants axiaux, maintien de joueurs inefficaces),
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une fuite systématique des responsabilités (« le ballon ne roulait pas », « Maxime va être puni »),
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une fermeture totale au dialogue (interdiction aux joueurs de s’exprimer, commentaires verrouillés sur Facebook).
Et surtout :
une absence totale de projet sportif cohérent.
Dans ce contexte, refuser de « mettre la main à la poche » n’est pas de l’ingratitude.
C’est un acte de responsabilité.
Nous ne sommes pas heureux de ce naufrage
Stockali Side ne se réjouit pas des défaites.
Nous préférerions, de loin, célébrer des victoires méritées, saluer des progrès tactiques, valoriser des jeunes formés ici.
Mais tant qu’on préférera le contrôle à la transparence,
tant qu’on imposera des choix déconnectés de la réalité du terrain,
tant qu’on protégera des postes plutôt que des projets…
… alors chaque point perdu sera un aveu. Et chaque critique, un devoir.
Comme le dit notre Charte :
« Être supporter, c’est agir comme un gardien du projet, non comme un spectateur passif. »
Conclusion : le hasard n’existe pas
Au cours des quatre dernières rencontres, le RSSG a encaissé des buts décisifs dans les toutes dernières minutes :
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Union SG U23 (90′ – 1-3),
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Crossing Schaerbeek (2-1, 95′),
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SL16 (88′ 3-0),
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Charleroi Elites (1-0, 90′ + pénalty).
Ce n’est pas une malchance. C’est un symptôme.
Il révèle :
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une fatigue mentale collective (manque de confiance, sentiment d’impuissance),
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une absence de protocole de gestion des fins de match,
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et surtout, une culture du « presque » : on résiste, on espère… mais on ne tue jamais le match.
Or, en football moderne, celui qui ne gère pas la pression en fin de partie ne mérite pas la victoire.
Et tant que le RSSG ne disposera pas d’un staff capable d’installer cette rigueur — tant tactique que psychologique —,
les dernières minutes resteront la tombe de ses espoirs.
— Stockali Side
Saint-Georges-sur-Meuse, 4 mai 2026
